Rachel Hasni-David

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Il arrive dans la vie, dont l’enfance, plein de choses qui nous dépassent, qui nous laissent en interrogation sans trouver de réponse (les deuils, les divorces, la naissance d’un autre enfant, le manque d’attention des parents, …) car la vie n’est pas toujours simple.

Des choses même anodines peuvent arriver et créer un traumatisme pour l’enfant qui le manifestera non en parole, mais en comportement.

L’enfant lui, ne sait pas pourquoi il vient en consultation.

Ce sont ses parents qui décident qu’il doit voir un psychothérapeute qui, la plupart du temps, a été envoyé par l’école, ou autre professionnel de l’enfance. Ces structures d’accueil sont souvent les premières à voir les soucis de comportement, généralement des signes d’agressivité, hyper activité (signe de frustration, de colère) ou bien le contraire, trop en retrait, ne participant pas à la collectivité (manque d’intérêt, ennuis ou comme on peut le dire la tête dans les nuages).

Ce qui amène souvent les parents à culpabiliser de ne pas voir, n’y trouver de solution, l’impression que leur enfant est montré du doigt par les autres en collectivité.

La plupart des parents sentent que leur enfant ne va pas bien, (régression sur la propreté, terreur nocturne à répétition….).

Pour des parents, voir le mal-être de leur enfant peut vite devenir souffrance pour eux même, ce qui n’arrange rien bien au contraire.

L’enfant ne demande pas à aller en psychothérapie, j’ai même entendu beaucoup d’entre eux ne pas comprendre pourquoi leurs parents les forcent à consulter.

Pour Françoise Dolto (« tout est langage »), les enfants en difficulté ne seraient pas prêts à la psychothérapie avant l’âge de 6 ans, mais une psychanalyse serait plus appropriée avant cet âge.

Les adultes qui font une psychothérapie souffrent consciemment de quoi ils parlent, de ce qui est autour de cette souffrance.

A ne pas trouver le pourquoi à la souffrance ressentie, ils en deviennent insupportables et viennent alors en thérapie.

Le travail du psychothérapeute étant de mettre le mal du patient en parole.

L’enfant dépend de ses parents et ne reconnait pas forcément ses souffrances.

Un enfant ne peut pas vraiment mettre ses souffrances en parole et il faut donc l’observer et lui parler pour comprendre.

L’intérêt étant de trouver le pourquoi ça ne va pas pour les parents ou l’entourage, l’œil extérieur du psychothérapeute peut apporter lumière à leurs réponses recherchées.

J’ai trouvé la discorde entre Anne Freud et Mélanie Klein dommage, car je trouve leurs méthodes et leurs ouvrages (« psychanalyse d’enfants », Mélanie Klein, « le traitement psychanalytique des enfants », Anne Freud) intéressants et complémentaires. Pour moi, chaque personne et chaque enfant est unique. Il se doit donc d’avoir une méthode unique pour chaque enfant, même si beaucoup fonctionnent de la même façon.

Je me suis beaucoup plus retrouvée avec Françoise Dolto et Anne Freud dans la façon de procéder avec les enfants.

L’objectif premier a pour but de mettre l’enfant en confiance pour qu’il puisse entrer en dialogue avec le psychothérapeute.

Cela peut se passer de plein de façons différentes. Dans un premier temps, dire à l’enfant pourquoi il est là, ne pas lui mentir.

Françoise Dolto le dit bien souvent, les enfants ont besoin de vérité. Et c’est vrai, j’ai pu le constater moi-même à plusieurs reprises. Quand on dit la vérité à un enfant, il prend confiance et se confie par la suite avec plaisir.

Inviter l’enfant à dessiner et à jouer, ou simplement laisser courir ses idées et envies, permet une bonne observation. On voit beaucoup de choses dans le jeu et le dessin d’enfants. On y voit sa façon de voir le monde, ce qui lui passe par la tête, ses rêves ou ses cauchemars qui seront le signe du besoin d’intervention pour le psychothérapeute.

L’objectif étant de trouver les mots et libérer l’enfant de ses torpeurs.

Mélanie Klein explique que le jeu est essentiel pour la personnification des enfants.

Le jeu permet à l’enfant de sortir ses rêves et fantasmes, de les jouer, ça lui permet de les exprimer, les mimer, les vivre.

Ainsi, en tant que psychothérapeute, nous pouvons entrer en dialogue avec l’enfant par le jeu.

J’ai pratiqué longuement des jeux de poupées avec une petite fille, dont la maman avait du mal à suivre par moment.

La mère était surprise de constater à quel point la petite pouvait être autoritaire avec sa poupée.

Cela a permis à la mère de voir là où l’enfant ne comprenait pas l’interdit, notamment pour le siège-auto où papa se mettait souvent en colère car il se détachait régulièrement et que personne ne lui avait expliqué le pourquoi.

Grâce à ce jeu, la mère a pu expliquer l’importance de s’attacher sur le siège-auto, et elle a pu prendre conscience qu’il fallait simplement écouter pour trouver les solutions.

Beaucoup de parents oublient simplement d’écouter leurs enfants. La société et notre quotidien d’aujourd’hui nous dictent comment agir, et on en oublie d’écouter simplement nos enfants, et l’aide extérieure telle que l’intervention d’une psychothérapie peut suffire à tout remettre dans l’ordre.

Pour ma part, je pense qu’il faut au moins 3 séances pour savoir s’il y a besoin ou non d’un suivi. Il faut aussi que l’enfant accepte de se prêter à la psychothérapie.

L’enfant a le droit de refuser, il a le droit de ne pas avoir envie d’une psychothérapie, et j’estime que nous devons le respecter et le faire comprendre aux parents.

Je me suis beaucoup retrouvée dans le film racontant l’histoire de Françoise Dolto (« Le désir de vivre », représentée par Josiane Balasko).

Le fait de demander à ses enfants de payer eux même leurs séances, qui montraient leur vrai désir d’aller mieux et à quel point de leur dire la vérité sur eux même était libérateur pour eux.

Nous ne devons pas oublier l’importance de la dépendance que l’enfant a avec son entourage familial, qu’il y est attaché malgré tout. N’oublions pas que l’enfant ne vient jamais seul en thérapie, Il est important de guider les parents à se repositionner avec leur enfant et le considérer comme un être pensant, car l’enfant voit et comprend tout. Il est de les inviter à parler à leur enfant, leur expliquer le pourquoi on doit s’attacher dans un siège-auto par exemple, ou pourquoi mamie est décédée, répondre, expliquer simplement les choses.

 

L’enfant absorbe le comportement des personnes qui l’entourent. Il faut lui montrer une autre façon qu’utiliser l’agressivité pour se faire comprendre et lui apprendre à communiquer avec tout le monde sans violence, et retrouver un climat plus apaisé.

 

 

Rachel Hasni

Praticienne en psychothérapie