Les enfants et les écrans, risques et bonnes pratiques... | Communautel

laetitia mitaine

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16 années d'expérience
Psychologue clinicienne titulaire d'un DESS de psychologie clinique et psychopathologie obtenu en 2002, j'ai débuté ma carrière en psychiatrie adulte, ce qui m'a permis d'obtenir une solide connaissance de la prise en charge de différents troubles psychiatriques ( depression, trouble de l'humeur,...
Psychologue clinicienne, psychothérapeute, enfants, adolescents et adultes. Pratique bienveillante et pragmatique.

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Les enfants et les écrans, risques et bonnes pratiques...

Nos enfants, les écrans et nous, si on en parlait?

“Mon fils ne tient pas en place… Il fait d’énormes colères, il n’arrive pas à se concentrer… Ma fille adolescente est sans cesse fatiguée… mon petit a du mal à s’exprimer correctement…”

Nous, psychologues, sommes souvent confrontés à ce type de plainte de la part des parents. Avant de faire une quelconque hypothèse de trouble du développement, du langage ou des apprentissages, j’ai pris l’habitude de questionner les parents sur le temps de leur enfant passé sur les écrans. Leurs réponses amènent à réfléchir sur le lien entre l’exposition intensive aux téléphones, tablettes, consoles de jeu et dessins animés et les symptômes présentés par les enfants.

Exposition des enfants aux écrans : quelques chiffres:

  • Chaque famille possède en moyenne 9,8 écrans par foyer avec enfant.
  • Les 4-14 ans passent 2H22 par jour devant la télévision, 2H53 pour les 7-10 ans et 3H34 pour les 11-14 ans ( IPSO 2015).
  • 7h40 par jour tout écran confondu (2017,  en France, Lagardère/Harris Interactive Videokids)

7h40 tout écrans confondus! Soit la quasi totalité du temps libre d’un enfant. L’écran remplace donc l’activité physique, les temps de jeu d’exploration, d’interaction sociale, d’étude…

Les risques de l'exposition de l'enfant à l'écran :

  • Retard de parole: plus un petit enfant passe de temps devant un écran au détriment de moments de relations sociales, plus il risque d’être en retard dans l’apprentissage du langage. Rien qu'avec la télévision, pour laquelle on dispose de nombreuses études, on sait aujourd'hui que l'exposition précoce entraîne un vocabulaire moins riche, moins complexe et moins varié avec, à long terme, une perte importante du lexique.

Les jeu éducatifs et applications pédagogiques annoncant éveiller l’enfant au monde, lui apprendre les couleurs, l’anglais, les tables de multiplication… poussent l’enfant à répéter de façon robotisée le meme geste, à tester différentes réponses pour finalement arriver par hasard à la bonne ou à répéter de façon mécanique un mot. Mais répéter n’est pas parler. Le langage ne se développe correctement que dans ces conditions. L’enfant a besoin d’explorer, de faire des essais et des erreurs, de toucher, et de communiquer avec d’autres pour évoluer. Ne voyons-nous pas parfois en consultation, des petits de trois ou quatre ans ne répondant pas à des questions basiques comme “ comment tu t’appelles” mais récitant intégralement les couleurs ou l’alphabet en anglais?

  • Intolérance à l’ennui et à la frustration: sur une tablette ou à la télévision, tout va très vite. On change de jeu rapidement lorsqu’on échoue ou s’ennuie, on change de chaine lorsque le programme ne convient pas: plus d’ennui possible, plus de temps d’attente. En chassant l’ennui de la vie des enfants, les écrans affectent négativement concentration, goût de l'effort et capacité de récompense différée. Pour se developper, une compétence à besoin d’être sollicitée mais l’enfant est moins confronter au fait de devoir attendre, de s’entrainer plusieurs fois pour réussir, de mobiliser son attention sur une tâche précise.
  • Chute des capacités d’attention: Une étude menée par microsoft a montré que les capacités attentionnelles des enfants ont chuté de 12 secondes en 2000 à 8 secondes en 2015. Cette chute des capacités d’attention s’expliquerai par le fait que les écrans, en surexposant l’enfant à des formes saillantes, de  contenus rapides, bruyants, changeant tout le temps de plan empêchent de garder son attention focalisée sur un stimulus plus neutre, plus stable comme un livre d’image…Retient et relance sans cesse l’attention reflexe, non volontaire, au détriment de l’attention volontaire  (concentration), nécessaire dans les apprentissages. Nous observons l’explosion des troubles de l’attention avec des enfants ne parvanant pas à se concentrer, à s’organiser, à mémoriser, ayant du mal à tenir assis plus de quelques minutes, baillant dès qu’il faut volontairement se concentrer…
  • Troubles du sommeil: la lumière bleue émise par les téléphones, tablettes, ordinateur et télévision envoie au cerveau le message que la luminosité est très forte, comme en milieu de journée. Cela affecte la sécretion de mélatonine, hormone jouant un role essentiel dans le mécanisme de sommeil. Dans l’idéal, il faudrait arreter l’expositon à cette lumière 1h30 à 2 heures avant l’endormissement.

Alors que faire? Quelles sont les bonnes pratiques dans une société où imaginer éliminer totalement l'exposition aux écrans serait illusoire?

Les recommandations

Une bonne piste serait le principe des" 4 pas", imaginé par Sabine Duflo, psychologue au CMP de Noisy le grand et co-fondatrice du  collectif COSE:

  • Pas d'écrans le matin : Les écrans (TV, jeux videos) sont des capteurs d’attention. Or l’attention est essentielle pour les apprentissages scolaires. L’écran sur-stimule l’attention non volontaire. L’enfant est capté par les stimuli visuels et sonores ultra rapides, changeant à l’écran. Son attention s’épuise au bout de 15 minutes. L’enfant qui regarde un écran le matin fatigue son système attentionnel avant d’arriver en classe. Or un enfant dont l’attention est fatiguée est un enfant qui bouge, qui parle, qui fait tomber ses affaires... et qui ne parvient plus à se concentrer !Ce mécanisme freine le développement de son attention volontaire, requise pour le travail scolaire. Ses résultats scolaires peuvent chuter.
  • Pas d’écran durant les repas : La télévision allumée durant les repas familiaux empêche votre enfant de vous parler et vous lui parlez moins. Un enfant qui grandit avec une télévision allumée en permanence acquerra un vocabulaire plus pauvre, un langage moins riche. Chez les enfants de 15 mois à 4 ans, 2 heures de TV quotidienne aboutissent à multiplier par trois la probabilité de voir apparaître des retards de développement de langage.Le contenu anxiogène de certains programmes (en particulier le journal télévisé) a des répercussions sur le comportement et la gestion des émotions de l’enfant même s’il est trop jeune pour comprendre. Lui expliquer ne modifie pas ses émotions
  • Pas d’écran avant de s’endormir : Le sommeil qui se forme avec les dernières images perçues sera de moins bonne qualité car l’image animée, même adaptée, n’est pas une activité calmante pour le cerveau de l’enfant. Elle est trop stimulante émotionnellement.L’écran diffuse une lumière bleue (LED) qui inhibe la mélatonine, hormone régulatrice du sommeil, empêchant l’enfant de s’endormir naturellement.
  • Pas d’écran dans la chamber de l’enfant: La présence d’un écran dans la chambre de l’enfant diminue son temps de sommeil.Avec la télévision, l’ordinateur, la tablette...dans la chambre de l’enfant, les parents n’ont pas la possibilité de contrôler ce que leur enfant regarde. S’ils lui interdisent verbalement de regarder les contenus inadaptés, ils lui confèrent une trop grande responsabilité.Sans écrans dans sa chambre, l’enfant apprend à développer des compétencesessentielles : activités sensori-motrices, jeux de faire semblant, jeux symboliques, graphisme, nécessaires pour le développement de sa pensée, son attention,sa socialisation

 

De bonnes résolution concernant nos enfants mais n’oublions pas que chaque jour, nous regardons notre téléphone 221 fois par jour et le touchons 2617 fois, y compris lorsque nous sommes en présence de nos enfants …

 

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Psychotherapeute, Psychanalyste, Coach Je travaille en libéral depuis environ 20 ans avec des adolescents, des adultes et des couples A cette pratique s'ajoute les consultations en ligne pour certains de mes patients voyageurs et pour des consultations ponctuelles. Mon travail s'oriente autour de...
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Psychologue clinicienne depuis 10 ans, j'ai exercé en libéral auprès d'adultes d'adolescents et d'enfants. J'ai reçu à mon cabinet des personnes souffrant de dépression, de souffrance au travail, d'anxiété . J'ai développé une écoute en cabinet mais aussi téléphonique car parfois, c'est dans l'ici...
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