Quand la situation influence les comportements | Communautel

Flavie VALRIVIERE

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3 années d'expérience
J’utilise mes compétences et mon expérience pour vous accompagner dans la résolution d’une souffrance ou d’un questionnement. Nous pouvons aborder plusieurs thématiques: le deuil, la confiance en soi, la communication, les relations sociales, familiales et sentimentales, la dépendance affective, la...
Psychologue

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Quand la situation influence les comportements

Vous arrive-t-il de ne pas vous reconnaître dans vos actes ?

Je me comporte donc je suis

Nos comportements sont influencés par nos valeurs et nos représentations: notre identité. Or, il existe plusieurs identités dont: l'identité personnelle et l'identité sociale.
Pour un individu l'identité personnelle est la reconnaissance de ce qu'il est par lui-même ou par les autres. Elle a un aspect subjectif car elle est en accord avec les valeurs de la personne. Elle est également temporelle, sa construction se fait au fur et à mesure des expériences de vie et dure dans le temps.
L'identité sociale est plus large. Elle permet d'identifier le sujet depuis l'extérieur. Par conséquent, elle fait référence aux différents groupes auxquels il appartient et aux différentes situations auxquelles il s'est confronté. Ici, le "moi" cohabite avec le "nous".
Finalement, être, c'est endosser un rôle dans une situation donnée en restant en accord avec ses propres valeurs.
Mais que se passe-t-il lorsque le "nous" n'est pas en accord avec le "moi" ? Autrement dit, quelle identité prend le dessus ?

L’expérience de Stanford : l'art d'endosser un rôle

Une étude montre qu’il n’est pas toujours évident de rester en accord avec ses valeurs.
L’expérience de Stanford a été mise en place en 1971 sous la direction de Philip ZIMBARDO. L’objectif de cette étude était de faire un bilan des effets du milieu carcéral. Le résultat obtenu est tout autre.
ZIMBARDO a convié des étudiants à incarner le rôle de détenus ou de gardiens. Les étudiants sélectionnés pour cette étude ont préalablement passé un questionnaire de personnalité. Le score devait montrer une maturité et une stabilité émotionnelle pour que le candidat soit accepté dans l’étude. Ainsi, 18 sujets ont pu participer.
Ils se sont vus attribuer aléatoirement le rôle de détenu ou de gardien.

Durant l’étude, on constate que chacun endosse très rapidement le rôle qui lui est assigné. Les détenus jouent parfaitement le rôle des détenus et les gardiens celui de l’autorité. L’identification aux rôles est telle, que la situation dégénère assez rapidement mettant les participants dans des situations dangereuses pouvant entrainer un réel traumatisme psychologique.
Les gardiens vont avoir des comportements de cohésion entre eux, de punition envers les détenus. Les détenus vont créer des émeutes et subir des traitements sadiques et humiliants.
Par exemple, durant l’étude, un détenu a fait une grève de la faim. Pour faire face à cette situations les gardiens l’ont isolé et enfermé dans un placard durant trois heures, le tout en tenant les saucisses qu’il n’avait pas voulu manger. De plus, ce prisonnier était perçu par ses compères comme étant un agitateur. Ainsi, ils faisaient tout pour le laisser en isolement.
Petit à petit des troubles psychosomatiques et des symptômes de dérangement émotionnels aigus apparurent chez les prisonniers. Il était récurrent de les voir pleurer et avoir des pensées désordonnées. Au vu de leur état, certains étaient sortis de l’étude et remplacés par d’autres candidats.

L’étude est arrêtée au bout de 6 jours, alors qu’elle devait durer deux semaines.
Pour la petite histoire, seule une personne dirigeant l’étude a voté pour y mettre fin. Les autres souhaitaient la continuer comme s’ils n’avaient pas conscience des dérives que prenait cette situation.

Certains biais à l'étude ont été soulevés par d'autres chercheurs, comme notamment les consignes données aux participants. ZIMBARDO aurait laissé le champ libre dans les actes des gardiens.

Cependant, l’expérience de Stanford met en avant que les valeurs, la personnalité et par conséquent les comportements d’une personne peuvent changer en fonction de la situation. Ici, le "nous" l'emporte sur le "moi".

L'expérience de Milgram: Quand l'autorité s'en mêle

Dans cette expérience, Milgram a voulu comprendre comment un seul homme a pu faire commettre des actes d'horreur à autant de monde durant la seconde guerre mondiale.
Pour cela, il demande à 40 participants d'enseigner des paires de mots à un cobaye qu'ils ont préalablement rencontré.
Ils posent des questions pour vérifier l'acquisition de ces paires de mots. A chaque réponse fausse ils doivent administrer une décharge électrique au cobaye (qui est isolé dans une autre pièce. L'intensité électrique augmente de 15 volts à chaque erreur. Le seuil maximal est de 450 volts.
En réalité, le cobaye ne reçoit aucun choc électrique et simule ses réactions qui paraissent de plus en plus violente. Au seuil des 300 volts, il annonce qu'il ne veut plus répondre aux questions.
Dans cette étude, l'expérimentateur était dans la même pièce que le participant et devait lui dire des phrases comme: "Veuillez continuer", "Veuillez poursuivre", "L'expérience nécessite que vous poursuiviez", "Il est absolument essentiel que vous continuiez", "Vous n'avez pas d'autre choix, vous devez poursuivre". En cas de question sur la responsabilité des actes causés, l'expérimentateur répondait qu'il était le seul responsable.

A la fin de l'expérience, les candidats remplissaient un questionnaire sur les explications qu'ils donnaient à leur comportement durant l'étude et leur ressenti.

On constate qu’au stade des 150 volts, la majorité des participants émettent des doutes et interrogent l'expérimentateur qui fait figure d'autorité.
Tous les participants atteignent les 135 volts et 62,5% le choc maximal de 450 volts. La moyenne des chocs attribués est de 360 volts.
Tous les participants ont, à un moment donné, interrogé l'expérimentateur pour savoir s'ils devaient continuer.

Cette étude montre une forte obéissance des participants. MILGRAM explique que cette obéissance est une condition préalable à la vie en société. Selon lui, pour que l'humain soit intégré dans une hiérarchie il doit modifier son fonctionnement. Ainsi, il passe de "autonome" à "agent de l'autorité".
Il explique également que les participants perdent le sens des responsabilités face à l'expérimentateur qui est la figure autoritaire.
L'état de nervosité des candidats lors de l'administration des chocs élevés est un mécanisme pour montrer leur désaccord avec l'ordre exécuté.

Et la désobéissance dans tout ça ?

Une méta analyse a démontré que les sujets ayant désobéit aux ordres ont réagi à la première demande de la victime de faire cesser l'expérience plus qu'à sa souffrance. Cela signifie que ces participants ont considérés que le cobaye a le même droit de mettre fin à l'expérience que l'expérimentateur.

Nous sommes tous influençables, que faire ?

Nous voyons par ces deux études que plusieurs facteurs peuvent influencer nos comportements et nous mettre en désaccord avec nous-même. Par exemple, le « nous » peut passer au-dessus du « moi ». Cette situation, peut engendrer du stress et des tensions. Alors comment rester fidèle à soi ?
Pour commencer, il faut bien se connaître. Avoir connaissance de soi, et conscience de soi est important. Savoir quand quelque chose ne nous correspond pas et ce qui ne nous correspond pas permet d’y remédier.
Garder à l’esprit qu’on est tous influençables. En effet, avoir conscience que la situation et d’autres facteurs environnementaux ont un impact sur nos comportements est un avantage pour comprendre la situation et en prendre le contrôle.

 

 

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